« Yvon Vandycke – V comme visages, V comme Vandycke » à La Boverie (Liège)

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Quand moi gai, autoportrait, 1972, 171 x 171 cm, acrylique et huile sur papier marouflé sur bois

Dernière expo en date : « Yvon Vandycke – V comme visages, V comme Vandycke » (10.09.21 > 21.11.21), à La Boverie.

Yvon Vandycke, ça ne vous dit sans doute pas grand-chose…

Et c’est bien dommage car il s’agit là d’un artiste remarquable. Belge, de surcroît.

Je le sais, pour l’avoir rencontré ! Et pour avoir passé 20 années de ma vie avec deux de ses œuvres dans mon salon.

Le genre d’œuvre qui dérange, qui met mal à l’aise. Des œuvres, qualifiées par certain(e)s d’obscènes, qu’on m’a demandé à plusieurs reprises de cacher.

Oui, c’est vrai : Yvon Vandycke était un provocateur. Animé d’un refus catégorique de l’idéal, il peint des nus torturés, des yeux rageurs, des bouches hurlantes, des rides, des plis, des replis, … Son esthétique est brutale et violente, à la manière des Expressionnistes du début du vingtième siècle. Vous savez, l’Expressionnisme, cet art qualifié par le régime nazi d’ « art dégénéré ».

Né en réaction à l’académisme, l’Expressionnisme prône alors un art expressif, projection de la subjectivité de l’artiste. On pense à Edvard Munch, à Egon Schiele ou encore à Oskar Kokoschka. Il s’agit à l’époque d’une véritable révolution émotionnelle !

Et bien, certains voient dans l’œuvre d’ Yvon Vandycke une filiation avec ce mouvement.

C’est pas faux… Je me souviens d’ailleurs que, à l’époque, j’avais rapidement fait le parallélisme entre les nus torturés de Yvon Vandycke et ceux d’Egon Schiele. On y retrouve la même urgence, le même geste impulsif, la même sauvagerie, le même érotisme mortifère.

Leurs corps sont écorchés ; leurs musculatures, exubérantes ; leurs tendons, saillants ; leurs reliefs, exagérés ; leurs expressions, grimaçantes.

Une puissance expressive qui m’a fait aimer l’œuvre d’Yvon Vandycke instantanément. Autant que j’aime celle d’Egon Schiele.

En 2020, nous fêtions le 20ème anniversaire de son décès. Que le temps passe vite. Je me souviens encore très nettement de l’homme. Un géant. Bourru. Marginal. Et de son atelier. Un capharnaüm. Il était l’opposé de mon père, lui aussi artiste. Il m’effrayait et me fascinait à la fois.

Yvon Vandycke était également un activiste, à l’origine de plusieurs mouvements artistiques belges (dont l’Art Cru). Il était enfin poète et professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Mons.

Cette rétrospective, il la méritait amplement.

L’ogre Vandycke.

Merci à La Boverie et au Trinkhall Museum pour cette merveilleuse initiative (…)


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