Une Maison de Curiosités, au cœur de Bruxelles

Vitrine – écrin Art Nouveau de Léon Sneyers

Cette vitrine Art Nouveau, j’ai dû m’y arrêter un millier de fois.

Etrangement, je n’avais jamais poussé la porte de la boutique… jusqu’à la semaine dernière.

Un monsieur élégant nous reçoit et nous papotons de choses et d’autres.

Comment en sommes-nous arrivés à parler du musée, aucune idée.

Le fait est que, HOP HOP HOP, nous nous retrouvons dans l’arrière-boutique, nez à nez avec des sublimes chasubles du 19ème.

Le ton est donné.

La première salle du musée est consacrée à l’art sacré. Ce qui intéresse le propriétaire des lieux n’est pas la ou les religions associée(s) aux œuvres mais bien le fait que les artistes se soient transcendés à travers ces créations.

Pour chacune des pièces exposées, Etienne Cracco (le monsieur élégant) nous raconte une histoire, une anecdote. Ces œuvres, venues du monde entier, il les connait bien… vu qu’il les a chinées lui-même, avec son épouse.

Etienne Cracco et Gilberte Van Der Velden se rencontrent sur les bancs de l’université. Ils ont une passion en commun : ils aiment chiner et sont tous les deux issus d’une famille de collectionneurs.

A l’époque, ils n’ont pas beaucoup de moyens. Ils collectionnent ce qui est à leur portée financièrement, à savoir les bondieuseries et le Val Saint-Lambert.

Etienne Cracco devient professeur d’université et consultant international. Le couple voyage beaucoup et chine, dans le monde entier.

Début des années 90, ils décident de quitter Leuven pour Bruxelles. Les hasards de la vie les mènent au 7 rue de la Madeleine. Rien ne prédestinait le couple de collectionneurs à devenir antiquaires… et pourtant.

Mais revenons au musée. Nous sommes donc dans cette première pièce consacrée à l’art sacré.

Chaque objet provoque des grands OOOHHHHHHHH ! AAAAHHHHHHHH ! Passionnée depuis toujours par le sacré et l’Invisible, je suis aux anges.

La seconde salle du musée est tout aussi exceptionnelle. On ne sait plus où donner de la tête entre les chapelets, les dizainiers, les votives de mémoires, les memento mori, les scapulaires, les ex voto, les reliquaires, les ostensoirs, les ciboires, les calices, les croix, les médailles, les crucifix, les étoles, les statuettes, … Et ça c’est quoi ? Et pourquoi ? Et comment ? Vous croyez que ? Notre guide est pédagogue, et d’une patience remarquable.

La visite est terminée. Nous nous apprêtons à remercier notre hôte lorsque celui-ci nous annonce que le musée comporte… douze salles au total ! Cette petite visite de deux heures sur le thème des Arts, Croyances et Société n’était qu’une « mise en bouche ».

Ce qui va suivre est tout aussi fabuleux, même si moins ma tasse de thé de prime abord.

Le couple a constitué au fil des années la plus grande collection au monde de Val Saint-Lambert. Pour ceux et celle qui ne connaissent pas, les cristalleries du Val-Saint-Lambert furent créées en 1826 sur le site d’une ancienne abbaye à Seraing, près de Liège, en Belgique. Rapidement, elles connurent un rayonnement international.

Huit salles, sur plus de 400 mètres carrés, retracent l’épopée artistique et industrielle du Val Saint-Lambert. L’homme connait le sujet comme sa poche et raconte la « saga Val Saint-Lambert » avec passion et brio. Moi qui n’étais pas fan à la base, j’ai été subjuguée par la beauté, la finesse, l’élégance, la sophistication, la pureté, le modernisme et la diversité des pièces exposées. Plus de 2800 au total, rassemblées sur un demi-siècle.

Quatre heures plus tard, nous terminons la visite de ce « musée pépite ». Notre guide, infatigable, nous raconte alors l’histoire de la fondation privée (la Foundation Madeleine 7), créée en 2012 pour pérenniser la collection.

Il y a quelques années, le musée a ouvert. Son objectif : promouvoir un patrimoine unique et soutenir l’art de la collection au sens large.

Les propriétaires préfèrent parler d’une « Maison de Curiosités », dans la tradition des cabinets de curiosités. Ils aiment d’ailleurs faire référence à cette époque (16 – 18ème) où les jeunes de bonnes familles partaient parcourir l’Europe pour parfaire leur éducation et éveiller leur curiosité. Ceux-ci revenaient du « Grand Tour » les bras chargés d’objets rares, étranges et insolites, qu’ils exposaient dans un Cabinet de Curiosités.

Le « Grand Tour » d’Etienne et de Gilberte a duré 55 ans.

Cinquante-cinq années de coups de cœur multiculturels qu’ils partagent avec nous au 7 de la Rue de la Madeleine, à deux pas de la Grand Place de Bruxelles.

Foundation Madeleine 7, la Maison des Curiosités
Visite guidée su mercredi au samedi, sur rendez-vous
Prix de la visite : 15 euros

Facebook : https://www.facebook.com/foundationmadeleine7

Instagram : https://www.instagram.com/foundation.madeleine7

Etienne Cracco, directeur de la Foundation Madeleine 7.
Photo : Gianni CANDIDO – https://giannicandido.art

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