“Bruce Nauman: Disappearing Acts” au MoMA de New-York

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Bruce Nauman a une belle tête de psychopathe.

L’avantage d’avoir un blog que personne ne lit (pardon, fidèles lecteurs), c’est qu’on peut écrire à peu près tout et n’importe quoi.

Soit.

L’artiste s’est rappelé à mon bon souvenir en novembre dernier, lors de mon voyage à New-York.

“Bruce Nauman: Disappearing Acts” : j’avais entendu parler de cette grande rétrospective à Bâle, la plus importante consacrée à l’artiste en 25 ans. Hélas, j’avais raté le coche.

Et qui c’est qui m’attendait sagement à New-York, trois mois plus tard ?

Bruce Nauman est né en Indiana, le 6 décembre 1941. Il étudie l’art et les mathématiques à l’université du Wisconsin.

Il ouvre son premier atelier en 1966, dans une ancienne épicerie de San Francisco.

Ses premières œuvres portent sur le corps humain (et ses mouvements) qu’il met en scène via des performances filmées. Des performances qui feront de lui l’un des pionniers de l’art vidéo.

Au fil de sa carrière, Bruce Nauman s’essaiera à toutes les formes d’art : de la vidéo à la sculpture, en passant par le dessin, les installations, l’holographie et la photographie.

Il est surtout connu du grand public pour ses sculptures en néon dont la première fut réalisée en 1967. Elle représente une spirale rouge, à l’intérieure de laquelle est inscrit en bleu : The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths. Le néon, ce symbole universel de la consommation et de l’hédonisme…

On l’aura compris, Bruce Nauman est passionné par le corps, les signes et l’écriture. Il aime les structures labyrinthiques, les répétitions et les paradoxes. Interdisciplinaire, son œuvre est souvent affiliée à l’Art Conceptuel. Elle a comme but de déclencher chez le spectateur un processus mental introspectif.

Mais pas que. Bruce Nauman aime aussi provoquer, choquer et malmener les spectateurs, jusqu’à l’insoutenable parfois.

On dit de son œuvre qu’elle a une dimension diabolique. Ce qu’assume entièrement l’artiste. Pour Nauman, l’art doit frapper le visiteur comme un coup de batte de baseball dans le visage. Et d’ajouter : « Mon œuvre est issue de la colère que provoque en moi l’aliénation et l’absurdité de la condition humaine ».

Nauman aime l’art qui transgresse, « l’art véhément et agressif qui oblige les gens à y prêter attention ».

Au MoMA, j’ai tout particulièrement été marquée par « Days », une installation sonore de 2009. Vous empruntez le passage, vous avancez lentement entre les haut-parleurs et là, vous êtes pris à parti, cerné. Les jours de la semaine y sont récités via 14 canaux, dans le désordre, par des voix de nature différente, avec des tempos différents. Etrange impression de chaos, comme si vous étiez aspiré dans une dimension parallèle. Une œuvre, anxiogène à souhait, qui a valu à Nauman le Lion d’or de la Meilleure participation nationale lors de la Biennale de Venise en 2009.

Un demi-siècle de transgression et de refus de se cantonner à une école artistique, ça méritait bien une « petite » rétrospective au MoMA de New-York, non ;)

« Bruce Nauman: Disappearing Acts » . A voir, au Museum of Modern Art et au MoMA PS1, jusqu’au 18 février 2019.

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